28-75 mm : la liberté de sublimer

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28-75 mm : la liberté de sublimer

Jusqu’au 15 octobre 2018 la Cité de l’Automobile présente une exposition exceptionnelle dédiée à la marque Porsche. Les voitures, toutes issues de la collection Regis Mathieu, seront sublimées par les non moins exceptionnelles pièces des Ateliers Mathieu Lustrerie. À cette occasion notre ambassadeur Frantisek Zvardon a pu mettre à l’épreuve le couple Sony Alpha 7RII et le tout dernier objectif Tamron 28-75 f/2,8 pour des compositions mettant en avant les « Chefs-d’œuvres de la collection de Régis Mathieu ». Découvrez les coulisses de ces images qui constituent le catalogue de l’exposition. 

Couverture du catalogue de l’exposition « Les chefs-d’oeuvre de la collection Regis Mathieu »

Bonjour Frantisek, peux-tu nous parler de la genèse de ce projet ?

Le directeur du Musée, Aurélien Weisrock, m'a contacté pour me proposer ce projet photo exceptionnel. Je ne voulais pas m’engager sans avoir vu l’exposition au préalable pour analyser méticuleusement les conditions de prises de vue. J’ai découvert de magnifiques pièces sombres, éclairées et sublimées par la lumière des lustres, j'ai tout de suite pris conscience des conditions exceptionnelles de ce shooting.

Tu pars donc en repérage, quel matériel utilises-tu ?

Lors de cette phrase d’analyse et de découverte, j’ai avec moi le petit Sony A7RII et le Tamron 28-75mm. C’était la première fois que j’utilisais ce matériel hybride plein format. J’ai donc pris, pendant cette première visite, quelques photos à main levée en mode ISO AUTO, sans chercher pour le moment à créer des images d’exception.

Et comment ont été reçues ces premières images ?

Le soir, au développement des images, j'ai été bluffé les résultats bruts, sans retouche. Les fichiers RAW affichaient un très beau rendu de lumière et une netteté saisissante sur toute la série du repérage. Les images étaient toutes prises à pleine ouverture (f/2,8) et à 2500- 3200 ISO. Je les ai envoyé avec un petit mot à Aurélien Weisrock et 15 minutes après j’avais la réponse suivante : « Monsieur Zvardon on vous attend pour dîner avec Mr. Mathieu, vous devenez photographe officiel de l'exposition »

Tamron 28-75 + Sony A7RII - 45 mm - 1/30 sec; f/4,5; ISO 2500

Comment se passe le début du shooting pro ? Quelles options choisis-tu ?

Comme le repérage s’est bien passé je décide de m’équiper de ce nouveau couple Tamron 28-75 f/2,8 et Sony A7RII et prends….une échelle ! C'est tout ce dont j'avais besoin ! Le plaisir, la facilité d’utilisation et la créativité me permettent de trouver facilement différents angles. Je réalise toutes les images à main levée à 2500 ISO et je cadre facilement, au centimètre près, depuis mon échelle, ou par terre, en gardant des ouvertures assez grandes. Même au 1/8e de seconde certaines images sont nettes. Ce parti pris d’avoir un équipement véloce et léger me permet de photographier sans contrainte d’axes et de cadrage, ce qui est très pertinent dans ces conditions.

Tamron 28-75mm + Sony A7RII : 31 mm - 1/80 sec; f/4,5; ISO 2500 gauche | 75mm - 1/30 sec; f/2,8; ISO 2500 milieu | 57 mm - 1/25 sec; f/4,5; ISO 2500 droite

Comment as-tu réussi à composer de manière à mettre en avant à la fois les lustres et les automobiles ?

C'était le défi à relever ! Il fallait chercher des angles très précis pour cadrer à la fois les lustres et les voitures. Bien évidement je ne pouvais déplacer ni l'une ni l'autre des créations. Avec cette liberté de travailler à main levée j’ai pu tatonner, peaufiner, explorer librement les compositions les plus dynamiques. Dans certains cas j'ai pris les lustres comme objet principal, dans d'autres cas les voitures. Ce zoom 28-75 était idéal pour varier les plans rapidement. À 35 mm, par exemple, cela me donnait un angle intéressant. En pratique, si vous êtes sur une échelle à 4 mètres de haut, changer de focale fixe n'est pas facile et avec ce zoom à la fois léger et lumineux j’avais la possibilité de m’adapter et de chercher ce qui convenait le mieux.

Tamron 28-75mm + Sony A7RII : 28 mm - 1/4 sec; f/4,0; ISO 1000 gauche | 35 mm - 1/25 sec; f/4,0; ISO 1000 milieu | 28mm - 1/40 sec; f/3,5; ISO 2500 droite

Sur cette image on a un effet de flou au premier plan, particulièrement intéressant, comme l’as-tu obtenu ?

Grâce à la petite taille de l'objectif, j’ai pu positionner le boitier délicatement au milieu d’un des lustres situé au premier plan. La lentille frontale était donc très proche des cristaux et cela m’a permis de faire ressortir ce monde de couleurs et de lumières particulièrement intéressant. Si l’AF sur la plupart des prises de vues a été utilisé, pour cette image je suis passé en mode manuel pour chercher précisément le résultat escompté, cette sorte « d’effet kaléidoscope ».

75 mm - 1/80 sec; f/2,8; ISO 2500

Finalement en quoi le 28-75 mm s’adaptait parfaitement à ce shooting ? Et sur quel projet comptes-tu l’utiliser prochainement ?

A vrai dire, je ne pensais pas du tout utiliser cet objectif pour cette commande très technique, pensant que j'aurais besoin de focales plus courtes ou plus longues. Je me suis rendu compte que la plage focale 28-75 convient à la plupart des situations de prises de vues. Cet objectif couplé à un Sony Alpha 7 nous permet de retrouver la liberté, l’envie de créer et c'est ça qui est plus important en photographie. Ne pas être contraint par le matériel, pour pouvoir se concentrer uniquement sur la création. Je pense donc l’utiliser très prochainement sur mes prochains reportages, par exemple pour monter sur les glaciers avec la liberté qu’offre ce zoom.

31 mm - 1/30 sec; f/5,0; ISO 2500

À propos de l’auteur : Frantisek Zvardon

Photographe d’origine tchèque installé à Strasbourg depuis plus de 30 ans. Après la Grande École de photographie et de philosophie à Brno et Prague, il consacre sa vie à l’art de la photographie. Grand voyageur, reporter et illustrateur, il travaille avec de nombreux magazines et éditeurs du monde entier.
Pour ses images, il obtient plusieurs prix internationaux suivis d’expositions : le prix Unesco FIAP « A Better way to live » à Vancouver en 1976, le prix Agfa-Gevaert à Leverkusen en 1983, le prix Nikon Photo Contest international en 1983 à Tokyo, le prix Olympus à Tokyo en 1990, le prix PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) à New-York en 1996. Il a illustré plus d’une trentaine de livres dont les derniers : « Bâtisseurs de Cathédrale » en 2014, « L’excellence en Alsace » en 2014. Depuis 2015 il lance son projet « Arctic Way » qui va s'étendre sur 3 ans et donnera lieu à une série de publications dédiées à l'Océan Arctique.

Un peu plus sur l’auteur :

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