Le grand Nord et le petit 100-400 mm

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Le grand Nord et le petit 100-400 mm

Nous avons lancé un défi à Grégory Perrin, réaliser des images avec notre dernier zoom 100-400 mm f/3,5-6,3 dans des conditions extrêmes et dans des lieux aussi exceptionnels que la péninsule du Varanger, au nord de la Norvège et le Parc national finlandais de Hossa, près de la frontière avec la Russie). Un témoignage très nature, qui nous permet de transcender la vision conventionnelle du téléobjectif.

Léger et compact le Tamron 100-400 mm offre un système de stabilisation performants, une mise au point minimale à 1,5 m et est totalement tropicalisé

Bonjour Grégory, tu es ambassadeur Tamron depuis près de 4 ans, qu’est-ce qui t’a poussé à entamer ce voyage dans ces contrées nordiques ?

Tout a commencé par un simple coup de fil de mon ami Gil Gautier qui à ma grande surprise m'a demandé si j'étais partant pour rencontrer les ours de Finlande et surtout, vivre une belle aventure nature en équipe... Je n'ai pas pris longtemps pour prendre ma décision et me suis organisé rapidement pour pouvoir réaliser ce rêve de découverte, de partage et de sensations fortes. Ce voyage était une promesse de rencontres animalières, nous avions prévu de procéder en affût, avec comme objectif principal de rencontrer les ours et peut être même le Wolverine (Glouton, Gulo gulo) ou encore le loup.
Je suis parti aussi pour découvrir des ambiances, des paysages que je ne connaissais pas : la Taïga et les innombrables lacs gelés, une immersion très sauvage à la limite de la frontière Russe.

Grégory Perrin se déplaçant avec aisance avec le léger Tamron 100-400 mm dans la Taiga

Peux tu nous parler de ton itinéraire et des compagnons photographes qui faisaient partie de l’équipe ?

J’étais accompagné de Gil Gautier, David Wolberg, et Christophe Lallemand, de talentueux photographes, tous passionnés de nature sauvage, ayant tous une grande capacité à s’émerveiller et à partager. Notre première étape était la Taïga, en Finlande, avec cette ambiance particulière et ces fameuses photos d’ours que nous recherchions. Au gré des conditions climatiques et des rencontres photographiques nous nous sommes dirigés progressivement vers la péninsule de Varanger en Norvège qui abrite un véritable trésor ornithologique. Un riche périple de 17 jours, qui nous a beaucoup apporté humainement.

Comment étaient équipés tes compagnons en termes d’objectifs ?

Ils étaient équipés pour les affûts de 300 mm f/2,8, 400 mm f/2,8 et 600 mm f/4, de grandes focales fixes très lumineuses avec des multiplicateurs si besoin. A ça pouvait se rajouter en plus, sur un autre boîtier, un 70-200mm f/2,8 pour certains au cas où l'animal passe à faible distance de l'affût.

Un tout autre matériel que ton téléobjectif polyvalent… quels étaient les atouts du Tamron 100-400 mm et de ton équipement dans ce cas de figure ?

Le 100-400 mm est un objectif très léger et compact, je n'avais pas besoin de me servir du trépied et gardais ainsi de la souplesse et de l'aisance dans mes mouvements. Sa stabilisation efficace permet de compenser en partie son ouverture. Par ailleurs j'aime vraiment l'idée d’avoir des zooms pour travailler les cadrages, et des objectifs qui proposent donc un panel de possibilités plus intéressants en paysage.

A gauche : Tamron 100-400 mm - 140 mm f/13, 1/1600, ISO 1250. A droite : Tamron 100-400 mm + TCX-14 - 420 mm f/13, 1/1600, ISO 1000.

Du paysage, mais aussi beaucoup d’affût, peux-tu nous parler un peu plus de cette pratique ?

Sachant que les ours ont plutôt tendance à sortir le soir et que l'apparition des Wolverines est plus aléatoire, on se mettait en affût vers 16h et on sortait à 8h ou 9h du matin. On dort entre 2 et 4 heures du matin lorsque la visibilité est trop faible. L’affût demande beaucoup de patience, surtout quand il ne se passe rien … En cumulé j’ai passé presque 70h en affût. Au regard des conditions de neige particulières, les gros mammifères espérés se sont fait vraiment attendre... Nous avons eu toutefois une belle récompense avec une très chouette observation d'un Wolverine le quatrième jours.
C’est parfois long et coûteux de garder ses sens en éveil, certaines nuits, il fallait lutter contre le froid. C’est un peu spartiate comme environnement, l'espace est très réduit dans l'affût, en bénéfice le temps s’égrène un peu autrement, une forme de méditation peut s'installer... À souligner que l’on est obligé d’être vraiment très silencieux, ne faire aucun bruit et de rester dans l'obscurité.

A gauche : Gregory Perrin dans l’affût aux premières heures. A droite : Photo prise de l’affût, Tamron 100-400 mm à 400 mm, 1/100 sec; f/6,3; ISO 4000.

De quelle manière le 100-400 mm s’est comporté dans ce contexte confiné et difficile ?

Même si les deux objectifs ne sont pas comparables, j’ai trouvé à certaines focales la qualité de rendu du 100-400 meilleure que le SP 150-600 G2 que je connais très bien et qui est naturellement beaucoup plus lourd, encombrant et plus orienté photo animalière. Dans ces conditions de froid et d'humidité, avec peu de luminosité, j'ai poussé le 100-400 mm au maximum de ses possibilités pour sortir les images du Wolverine…Il faisait presque noir et j'étais déjà très haut en ISO. Encore une fois merci à la stabilisation efficace qui est d'une grande aide.

Avoir un téléobjectif léger a aussi pu constituer un atout non négligeable sur un voyage itinérant aussi varié avec de longues marches dans la neige ?

Bien évidemment la légèreté et la facilité de transport du 100-400 mm était un avantage notable. J'ai bien souvent pu évoluer avec l'appareil autour du cou, prêt à déclencher. Je pouvais me permettre d'emporter dans mon sac photo d'autres focales comme le nouveau 70-210 f/4 que je testais aussi sur place et le SP 15-30 mm f/2,8. Je suis, avec du recul, très satisfait par les images réalisées avec le 100-400 mm, même si dans certaines conditions de faible lumière j'aurais été avantagé peut être, par un objectif à très grosses ouvertures. J'ai aussi beaucoup utilisé le TCX-1,4 avec le 100-400 mm en obtenant de très bons résultats sur mes rendus tout en gardant un ensemble très léger et parfaitement fonctionnel.

Tamron 100-400 mm - 1/3200 sec; f/9; ISO 3200 à 318 mm

Tu devais évoluer plus vite que tes camarades ?

J’étais souvent plus léger mais je n'ai pas évolué plus vite que mes compagnons de route et ça n’à rien avoir avec le poids du matériel mais plutôt avec la dynamique positive qui s'est instaurée entre nous. Nous avons parfois évolué dans des conditions très difficiles (s'enfoncer dans la neige jusqu'à la taille par exemple) ou traversé sur la glace des lacs en cours de dégel, on part ensemble... On revient ensemble... Je ne compte pas le nombre de fois où l'on c'est tendu la main pour se sortir de la neige par exemple… Les conditions de pleines natures, sauvages créent parfois des liens profonds... Nous ramènent à l'essentiel...
Pour revenir au 100-400 je peux dire qu'il joue parfaitement son rôle de petit téléobjectif léger, performant et polyvalent, dans ses conditions il est facile à transporter. Il possède par ailleurs un collier pied qui est très pratique selon les situations.

Justement comment t’es-tu servi du collier pied ?

Première observation qui peut paraît anecdotique, quand on se promène avec l’optique à la main, on la tient spontanément par le pied. Une prise en main pratique et intuitive, après bien sûr ce collier apporte plus de dynamisme dans le mouvement, ce qui est la philosophie de cette optique. J’ai principalement fait des images à main levée pour garder ma souplesse et ma rapidité de réaction mais le collier de pied apportait un plus ergonomique en termes de mouvement et de stabilisation. Dans l’affût j’ai pu tester l’attache Arca-Swiss très pratique mais je gardais le plus souvent le matériel à la main, de manière stable et très équilibré grâce au collier.

Le collier de pied du 100-400 mm est proposé en option et n’est pas livré avec l’optique. Il constitue un avantage sérieux lors de la prise de vue à main levée ou sur trépied

Passé cette phase d’affût, vous vous êtes déplacé sur un lieu exceptionnel pour la prise de vue ornithologique, tu peux nous en dire plus ?

Oui ! Encore plus au nord, bien au delà du cercle polaire dans la péninsule du Varanger en Norvège. Cette expédition a représenté un véritable virage dans notre voyage. Nous laissions derrière nous la belle Taïga aux conditions un peu rudes, confinées, contraignantes, silencieuses avec ce printemps qui se laissait un peu attendre. Nous avons pris la direction de la Toundra, très ouverte au niveau paysage, plus lumineuse, avec la mer de Barens omniprésente, des couleurs, des sons et une activité ornithologique très intense. Nous nous sommes rendu sur l'île d'Hornøya à l’extrême Est de la péninsule. On y trouve des centaines de milliers d'oiseaux, une densité que je n'avais jamais observée auparavant. Des espèces variées se trouvaient sur place comme les Macareux moine, les cormorans huppés, les guillemots de troïl, les pingouins torda, ou encore plusieurs variétés de mouettes et de goélands. Le rêve ! Un endroit tellement sauvage et protégé que les oiseaux ont finalement très peu peur de l’homme et qui permet d'avoir une promiscuité rare. La région s'est montrée très intéressante aussi pour la pratique de la photo de paysage avec des ambiances qui ne cessent d'évoluer et des tonalités de couleurs particulières.

A gauche : 1/400 sec; f/9; ISO 1250 à 400 mm - A droite : 1/2000 sec; f/11; ISO 1250 à 400 mm
A gauche :1/60 sec; f/9; ISO 1250 à 100 mm - A droite : 1/400 sec; f/9; ISO 1250 à 400 mm

Pour la pratique des oiseaux tu ne t’es pas senti trop limité par le 400 mm ?

Il y a évidemment des moments ou j’aurais aimé être à 600 mm, mais selon moi le 100-400 mm est le bon compromis pour le photographe qui a envie d’évoluer avec un petit téléobjectif polyvalent capable de faire aussi bien du paysage, que du portrait ou de l’animalier sans être puriste de ces trois disciplines. À 100 mm il nous permet de laisser plus de place à l’environnement, de travailler avec les ambiances, et à 400 mm de se concentrer sur un point de détail. Avec les oiseaux j’ai aussi pu travailler avec le téléconvertisseur TCX-14 qui sous certaines conditions est très efficace et qui permet par exemple, sur un boîtier plein format, de passer de 400 mm à 560 mm.

"un matériel qui favorise la prise de vue rapide à main levée"

Tu peux nous en dire plus sur cette photo originale de cormorans huppés prise de face ?

Cette photo fait beaucoup rire, ce n’est pas courant de les avoir de pleine face, ça lui donne un air particulier entre un animal de bande dessinée furieux et une sorte de dinosaure à plume. J’étais derrière les rochers en contrebas avec le matériel en main et le cormoran arrivait pour se poser. Ces cormorans ont vraiment un regard particulier, une attitude, un brin terrifiant, agressif qui se différencie par exemple des macareux moines ou des guillemots à l’air plutôt noble et au regard plus émouvant et doux.
Dans ce cas précis je me tenais prêt alors que les oiseaux arrivaient par dessus, je voulais prendre des oiseaux en plein vol, j’ai du prendre une dizaine de clichés à la suite pour arriver à ce résultat tant l’action a été soudaine et furtive. On voit précisément sur ce genre d'image l’intérêt d’avoir un matériel qui favorise la prise de vue rapide à main levée pour bouger vite, capter un animal véloce et cadrer de manière aisée, au bon moment.

1/2000 sec; f/7,1; ISO 1250 à 400 mm

On sent que ce voyage a été très riche. Qu’est-ce qui t’a plus touché au cours de cette expérience photographique ?

En effet ce voyage a été riche à plusieurs niveaux.
En premier lieu je pense à la dimension de partage, de rencontre avec mes complices de terrain David, Gil, Christophe et Dimitri (Tamron France) qui nous a rejoint quelques jours aux affûts. Ça n'est pas simple à mettre plus en mots que ça...Mais stimulés par l'immersion « nature sauvage », il me semble que l'on peut assez vite aller à l'essentiel, et tendre à des rapports vraiment authentiques.
Ensuite il y a la dimension de découverte, qui permet de développer la créativité, changer ses habitudes, son regard... Et puis les aléas du voyage, les moments de galères, je n'ose compter le nombre de coup de pelles à neige en Finlande, les multiples tentatives pour sortir la voiture de la neige, la difficulté à se déplacer, les doutes la fatigue ou encore les ours qui ne sortent pas... On a pris Dame Nature en pleine figure, on ne contrôle pas tout, on s'adapte... A ça vient s'ajouter les moments de grâce, de l'émotion parfois presque jusqu'aux larmes tellement j'ai vu et ressenti de belles choses... Ma première nuit sous les aurores boréales, la rencontre avec le Wolverine, l'arrivée en Norvège, au Varanger avec les couchés de soleil sans fin, les lumières, les couleurs et nuances de l'arctique qui évoluent sans cesse, l'intuition, la puissante mer de Barens etc. Une aventure... Une bien belle aventure...Qui s'est faite au rythme de la nature...

Dernière question... Où est passé l’ours ?

Les conditions météo n’ont pas été en notre faveur. La fonte des neiges a été décalée cette saison en Finlande ce qui n’a pas été favorable à la sortie des ours, parfois nous nous sommes enneigé jusqu'à la taille, pour un ours de 450kg, même sur quatre pattes c'est encore plus compliqué. A notre retour de Norvège, la neige avait enfin un peu fondue, nous avons alors, un ultime soir d’affût, pu observer un mâle dans la pénombre. J'ai été vraiment très impressionné, il s'est retrouvé à une dizaine de mètres seulement. Au regard des conditions de lumières nous n'avons même pas essayé de déclencher. L'ours a continué son chemin pour regagner les profondeurs de la mystérieuse Taïga. Nous n'avons pas eu de chance car normalement dès mi avril les ours avides de nourritures recommencent à être très actif.
Du coup j’ai envie d’y retourner pour « faire l’ours. », mais aussi pour redécouvrir la Taïga en période plus estivale…

À propos de l’auteur : Gregory Perrin

Auteur-Photographe, Gregory est un autodidacte, passionné de nature et de macrophotographie. Vivant à la campagne, entre Lyon et Grenoble, il n’a que quelques mètres à faire pour atteindre les champs les plus proches qui constituent certains de ses terrains de jeux favoris. Depuis plusieurs années, il est l’un des ambassadeurs Tamron. À ce titre, Gregory teste longuement les objectifs et nous fait part de ses remarques. Toujours avide de partager ses connaissances, il anime des conférences pour divers salons et événements photographiques.

Un peu plus sur l’auteur :

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