« Cela m’a ouvert de nouveaux champs et une nouvelle vision »

Share this post

« Cela m’a ouvert de nouveaux champs et une nouvelle vision »

Photoreporter de métier, Theo Giacometti est parti, avec le Tamron 16-300 mm en Norvège pour photographier de magnifiques paysages mais aussi cet été pour couvrir une étape du Tour de France à Pra-Loup. Il nous livre ses impressions sur cette optique taillée pour les reporters qui veulent voyager léger.

Bonjour Théo, pourriez-vous vous présenter rapidement ?

Photographe, journaliste, je suis également l'auteur d'un roman Puisque chante la nuit publié aux Éditions AO en 2013, pour lequel j'ai reçu le prix de l'Assemblée Nationale. J'expose actuellement des clichés de Louisiane dans la vallée de l'Ubaye. Je travaille également pour le quotidien régional Le Dauphiné Libéré : c'est dans ce cadre que j'ai réalisé une série sur le tour de France. Je suis également parti 15 jours en trek en autonomie complète en Norvège dans le parc national du Hardangervidda. C'est un rêve de longue date que je voulais réaliser. La confrontation profonde avec la nature sauvage. 

Quel est le meilleur prétexte pour faire une photo ?

Difficile à dire, il peut y avoir des démarches différentes : une photo purement ‘journalistique’, un ressenti ou une vision à un moment précis. Je pense que le meilleur prétexte pour faire une photo, c’est l’envie profonde de raconter quelque chose. 

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 22 mm
0,3 sec ; f/8 ; 100 ISO

Vous êtes parti en reportage avec le zoom « tout-en-un » Tamron 16-300 mm. Pour quelles raisons avez vous choisi ce type d’objectif notamment lors de votre périple au cœur du Parc National de Hardangervidda en Norvège ?

Deux raisons m’ont convaincus de partir avec cette optique. La première et la plus évidente, les conditions particulières de ce voyages : en autonomie complète, sans assistance, sous la tente, avec dans le sac toute la nourriture nécessaire pour 15 jours de trek. Le poids et l’encombrement deviennent des données plus que fondamentales, chaque gramme compte. L’idée de partir avec une seule optique, capable de me sortir d’à peu près toutes les situations était donc vraiment intéressante. En règle générale je travaille surtout avec des focales fixes, alors quand on pèse un 28 mm, un 50 mm, un 85 mm etc. Ça n’est juste pas faisable ! Avec le 16-300 Di II, je pouvais partir ultraléger, et en plus ménager le matériel qui aurait subit des dommages si j’avais dû changer d’objectifs trop souvent (pluie, neige, vent, poussière froid etc..). L’autre raison tient à ma curiosité pour ce genre d’objectifs ultra fonctionnels. Sans en faire mon unique outil de travail, il faut parfois savoir prendre en compte tous les facteurs pour un reportage : poids, amplitude, etc. 

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 250 mm
1/1250 sec ; f/8 ; 400 ISO

Ce zoom a la spécificité, dans sa catégorie de démarrer sa plage focale à 16 mm, est-ce un critère déterminant pour votre travail ?

Déterminant peut-être pas, je ne suis pas un grand utilisateur d’ultra grands angles, mais je dois bien avouer que cela a été vraiment agréable, et que cela m’a ouvert de nouveaux champs et une nouvelle vision, particulièrement dans les immensités désertes de la Norvège. 

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 16 mm
1/320 sec ; f/3,5 ; 640 ISO

Doté d’un moteur piézoélectrique (PZD) et d’une bague de correction manuelle du point, avez-vous été convaincu par l’autofocus notamment lorsque vous avez couvert l’étape du Tour de France à Pra-Loup ?

La rapidité et la précision de l’autofocus sont pour moi des données essentielles pour définir la qualité d’une optique. C’est notamment l’une des raisons pour laquelle j’utilise principalement des focales fixes. Concernant le Tamron 16-300, j’ai trouvé l’autofocus assez fluide de manière générale, assez doux. En conditions de lumière normale il fait le boulot, même à 300 mm. Pour le reportage réalisé lors de l’étape du Tour de France à Pra Loup, j’ai utilisé cet objectif principalement comme ultra grand angle, au plus près des coureurs, afin de prendre des clichés, collé au bitume, en incluant dans la prise de vue le sublime paysage des montagnes alentours. Dans ce genre de situation il faut être particulièrement réactif et l’optique Tamron m’a tout à fait permis de réaliser les clichés voulus. 

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 16 mm
1/2000 sec ; f/3,5 ; 500 ISO

Compte tenu de la plage couverte par ce zoom (18,8x), pouvez-vous me dire votre sentiment sur l’efficacité de la stabilisation VC ?

C’est sûrement le point fort de cet objectif, même à 300 mm les prises de vues à main levée ne posent pas de problème, jusqu’à 1/50 de secondes s’il y a assez de lumière. C’est un réel atout. En effet, travailler avec un objectif aussi compact s’il faut avoir continuellement un trépied sur l’appareil, ça ne marche pas !

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 300 mm
1/1000 sec ; f/6, 3 ; 800 ISO

L'ouverture est un ratio, un rapport entre la distance focale de l'objectif au diamètre de la pupille d'entrée, parfois les passionnés n'intègrent pas cette notion et ne comprennent pas que plus un zoom est lumineux plus il est lourd. Penses-tu que l'ouverture f/5-6,3 de ce megazoom reste un bon compromis encombrement / ouverture ? 

Il y a, à mon avis, une chose qu’il ne faut pas oublier, c’est que chaque optique est un équilibre entre différentes contraintes, et qui répond à certains besoins et à certaines conditions. Le poids, la luminosité, la plage focale, le prix et la qualité d’images jouent donc sur la qualité globale d’une optique. Concernant le 16-300 mm, l’ensemble semble cohérent. En effet, pour atteindre des ouvertures plus grandes, il aurait sans doute fallut rendre l’objectif plus gros et/ou plus lourd. L’intérêt même de cette optique réside dans le rapport entre taille physique et plage focale. Le compromis tient la route si l’on considère cette optique comme une alternative à une combinaison de plusieurs objectifs.

Dès lors la stabilisation est aussi un argument et se doit d’être efficace?

Oui effectivement, la stabilisation, tout à fait performante de cet optique permet également de compenser ces ouvertures par des temps de poses un peu plus lent. Il est évident également que les performances des nouveaux boitiers, notamment en terme de montée en ISO, permettent également de travailler avec des conditions de lumières plus médiocres, tout en gardant une exposition correcte et une image de qualité.

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 16 mm
2 sec ; f/11 ; 100 ISO

De nombreux photographes pros se tournent désormais ponctuellement vers ce type de zoom car ils sont à la recherche d’un compromis qualité optique /encombrement primordial dans leur logistique de reportage. Repartiriez vous en reportage avec cet objectif

Je crois que la réponse est dans la question : à chaque situation son outil. Je ne privilégierais pas une séance spécifique et fixe de portraits avec cet objectif, mais il résout bien des problèmes en reportages. Pratique, peu encombrant, polyvalent, c’est le couteau suisse qui permet de parer à toute situation, du paysage à la téléphoto et qui plus est à un prix raisonnable. 

Tamron 16-300 mm + Canon EOS 60D
Focale : 16 mm
1/500 sec ; f/3,5 ; 125 ISO

Théo, nous vous remercions pour ce temps passé ensemble, que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Merci a vous. Je travaille en ce moment sur un projet au sein du parc du Mercantour, notamment grâce au Tamron SP 150-600 mm. Je prépare également une exposition de clichés du tour de France et de clichés sur la Norvège. Je prépare aussi un livre de portrait et je contacte des agences pour davantage m’impliquer dans le photo journalisme qui me passionne. 

About the author: Théo Giacometti

Né en 1989, Théo Giacometti vit dans la vallée de l'Ubaye (Alpes de Haute- Provence). Auteur photographe, journaliste, il publie son premier roman « Puisque chante la nuit » en 2013 aux Éditions AO - André́ Odemard, pour lequel il recevra la médaille de l’Assemblée Nationale. Photographe, il réalise également des reportages et des articles de presse. 2e Prix du jury du festival « Montagne en scène » en 2014, il intègre l’agence Dalle en 2015.

Similar article