« le Tamron 150-600 mm est au diapason dans les scènes d’action »

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À travers cette interview découvrez le travail du photographe Félix Girbe. Sa passion de la faune ornithologique lui permet de réaliser des images à nulle autre pareille d’une nature environnante et commune mais fragilisée. Dans cet exercice toute en discrétion il témoigne sur son expérience de la prise de vue avec le Tamron SP 150-600mm f/5.6-6.3 VC USD.

Cette série réalisée avec le Tamron SP 150-600mm f/5.6-6.3 VC USD monté sur un Canon EOS 5D Mark III est un vibrant témoignage ornithologique, d’où vous vient cette passion pour cette discipline ?

De nationalité roumaine, j’ai eu la chance de grandir dans un pays avec une faune et une flore très riche. Tout a commencé en 2010, ici en France, quand j’ai acheté mon premier reflex numérique (Canon 500D) et un téléobjectif (Tamron 70-300 mm). Petit à petit j’ai commencé à observer le comportement des oiseaux dans leurs environnements naturels.

Qu’est- ce qui vous fascine et vous attire dans la pratique de cette discipline photographique ? Quels en sont les défis techniques ?

J’ai l’habitude d’arriver de bonne heure sur les sites pour voir le lever du soleil. Je trouve plus que fascinant et attirant le fait d’être présent dans un espace naturel sauvage, entouré de silence et d’assister au réveil de la nature et de ses habitants, d’entendre les premiers chants des oiseaux… pour moi c’est la meilleure façon de commencer la journée. Le plus grand défi c’est de réussir, à chaque fois, d’observer (photographier si possible) sans déranger. C’est, en général, un milieu très sensible et il y a de plus en plus d’espèces d’oiseaux menacées.

Tamron SP 150-600 mm + Canon EOS 5D Mark III 600 mm ; 1/125 sec ; f/9 ; 3200 ISO

Quelles sont les conditions de prise de vue que vous affectionnez ?

Comme je suis quelqu’un de très patient, je peux facilement passer la journée dans des observatoires ou à l’affut, mais la plupart de mes photos ont été réalisées lors de mes nombreuses balades à pied.

Pourquoi avoir choisi ce Tamron SP 150-600 mm ?

J’ai toujours rêvé de posséder un 500 mm, voir un 600 mm afin de pouvoir aller plus loin dans la qualité des photos et surtout d’éviter de trop recadrer.

Avec le lancement du 150-600 mm par Tamron, à un prix défiant toute concurrence, le rêve est devenu réalité, c’était la plage focale idéale pour moi.

Avec une plage focale aussi étendue, les contraintes techniques sont importantes pour dompter la puissance du zoom d’un tel « monstre », cela a-t-il changé votre manière de photographier ?

Il m’a fallu une semaine pour réellement m’habituer au « monstre », surtout pour apprendre à jouer avec la plage focale. C’est tout de même pas anodin de passer de 150 mm à 600 mm en quelques tours de zoom. Toutefois on se sent très vite à l’aise avec cet objectif et on découvre sans cesse les possibilités de prise de vue qu’offre un tel objectif. La puissance de son zoom est effectivement un atout indéniable et précieux pour cadrer les animaux en plan serré sans risquer de les effrayer par une approche maladroite. Quelle liberté géniale !

"Quelle liberté géniale !"

Quels sont les réglages boîtiers que vous privilégiez en général pour utiliser cet objectif (mode priorité, iso auto ou non, suivi autofocus, etc) ?

J’ai appris et j’utilise mon boîtier en mode manuel. Tout se joue en fonction de la scène que je dois capturer, de la distance et de la lumière. La seule chose que je fixe invariablement c’est l’ouverture à f/9  pour avoir un maximum de piqué, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir des belles photos à f/6,3.

Cette optique présente un compromis poids /encombrement remarquable. Quel est votre sentiment en tant que photographe animalier et de nature ?

Je peux vous affirmer et revendiquer que c’est une optique remarquable qui produit des excellents résultats sur le terrain dans des conditions parfois difficiles et changeantes. C’est un objectif léger qui permet de faire des prises de vue à main levée sans aucunes difficultés, avec en plus, une plage focale impressionnante et extrêmement pratique pour la photo animalière. C’est vraiment ultra confortable car le sujet peut bouger et l’on peut être obligé de se repositionner pour parfaire un cadrage. Avec un tel zoom on reste discret et concentré sur la réussite de notre prise de vue sans craindre qu’un mouvement ou un déplacement ne compromettent la scène à photographier, voir provoquent la fuite de son sujet.

Tamron SP 150-600 mm + Canon EOS 5D Mark III 600 mm ; 1/125 sec ; f/7,1 ; 10000 ISO

Il équipé de la stabilisation VC. Comment jugez-vous son efficacité sur le terrain ? Peut-on envisager la prise de vue à main levée avec cet objectif pour gagner en maniabilité et en mobilité ?

Cette stabilisation est vraiment efficace. J’en suis très satisfait. La plupart de mes photos sont réalisées à main levée. Rendez-vous compte je suis arrivé à faire des photos nettes au 1/125 s à 600 mm grâce à cette stabilisation. C’était encore impensable il y a quelques années sans cette assistance technique.

Sur banc d’essai, ce zoom affiche des performances remarquables en terme de piqué et de contraste ? Cela se confirme t’il à l’usage ?

Absolument ! À f/6.3 le piqué des images reste bon, mais il devient très bon voir excellent de f/8 et jusqu’à f/11.

Tamron SP 150-600 mm + Canon EOS 5D Mark III 600 mm ; 1/320 sec ; f/6,3 ; 3200 ISO

L’autofocus est-il assez précis et rapide pour saisir les attitudes furtives de ces oiseaux ?

C’était indispensable pour moi ! Et comme vous pouvez le constater sur certains de mes clichés, le Tamron 150-600 mm est au diapason dans les scènes d’action et furtives. Je suis équipé en Canon. Je monte cet objectif à la fois sur l’EOS 5D Mk III, et je l’ai testé aussi sur un Canon EOS 700D. À chaque fois l’autofocus reste très réactif avec ou sans les micro-réglages proposés sur certains boîtiers.

Utilisez-vous souvent la retouche du point proposé sur cet objectif ?

En milieu naturel la mise au point n’est parfois pas très facile voir aisée. On est souvent gêné par une branche ou un feuillage, Il faut donc sans cesse ajuster le tir et la retouche du point m’aide beaucoup à m’affranchir des aléas de la prise de vue dans de telles conditions. Parfois il suffit même que l’oiseau bouge un peu pour que la photo soit manquée, d’où l’utilité de cette fonction.

La plage focale est-elle aisée à utiliser ? Est-ce un atout par rapport à une focale fixe ?

Une telle amplitude focale est quand même très confortable et un énorme atout pour le photographe animalier et de nature. Après, une focale fixe et un zoom c’est deux choses complétements différentes ne serait-ce que dans la philosophie. C’est difficile de comparer. A chacun de faire ses choix en fonction de ses besoins.

Que photographiez vous actuellement ?

Pour cette fin d’année j’ai le projet de me rendre dans la Baie de Somme. C’est un endroit que j’affectionne particulièrement. J’ai également un autre projet pour le début d’année, à savoir photographier les célèbres grues cendrées au Lac de Der en Champagne-Ardenne.

À propos de l’auteur : Félix Girbe

Né en Roumanie, dans une région dominée un relief montagneux, Félix Girbe a grandi au contact d’une nature intacte dont la beauté l’a toujours fasciné et au sein de laquelle il s’est épanoui.

Photographe autodidacte, il a étudié la technique photo et la vie sauvage à travers de nombreuses lectures et documentations. Cumulé à un sens de l’observation inné et une patience légitime pour comprendre son sujet, il est particulièrement attiré par la faune ornithologique. Depuis trois ans il cumule des excursions dans ces milieux naturels pour réaliser des images de premier plan sur les oiseaux, toutes espèces confondues.

Cette fascination participe au sentiment que son travail et ses clichés peuvent être un plaidoyer unique sur l’importance de préserver ces biotopes les plus communs et la nécessité de protéger les espèces les plus courantes qui vivent au cœur de ces environnements. Aussi chaque série photographique a pour but de raconter cette histoire emprunte d’humilité, d’observation attentive et d’une vision documentaire la plus naturelle possible pour sensibiliser le public à la fragilité de ces écosystèmes.

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