Des conditions périlleuses mais aussi idéales pour faire les plus belles images

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Des conditions périlleuses mais aussi idéales pour faire les plus belles images

Tamron France vous propose de découvrir un reportage exceptionnel réalisé à l’aide du Tamron SP 15-30 mm par Frantisek Zvardon. Photographe d’origine Tchèque, installé à Strasbourg depuis 30 ans, il a su mettre en avant sa région d’adoption, ses paysages, mais a aussi illustré une vingtaine d' ouvrages et travaille pour divers magazines dans le monde. Dans son dernier livre « Aurora borealis » il publie ses resplendissantes images d’aurores boréales en Islande. Ces images sont le fruit d’un travail de plusieurs années que nous partageons avec ce paysagiste hors normes.

Bonjour Frantisek, qu’est ce qui vous a poussé à faire ce voyage en Islande ?

D’abord une fascination particulière pour ce pays où la variété des paysages et les phénomènes naturels plus ou moins mystérieux sont d’une beauté exceptionnelle. En 2013, l’activité du soleil qui est la plus élevée tous les 11 ans, a offert de nombreuses possibilités d’y voir des aurores boréales. C'est donc à cette occasion qu'a commencé ma première rencontre avec l'Islande. J'ai proposé à mon éditeur de faire un livre sur ce sujet. Les débuts n'ont pas été faciles je me suis souvent retrouvé dans des paysages boisés qui ne me permettaient pas de voir la voûte céleste comme je l’espérais mais à travers différents voyages entre 2013 et 2016 j’ai continué à explorer avec bonheur l’Islande… à découvrir ses grandes étendues volcaniques, ses cascades, ses glaciers et toutes ces scènes vibrantes et intenses… une aubaine pour un photographe paysagiste.

Couverture du livre Zvardon « Aurora borealis » sorti en septembre 2015 (Éditions du Signe )

Quels conseils pouvez-vous donner pour réussir des photos d’aurores boréales ?

Tout d'abord, le photographe doit être équipé de vêtements chauds pour pouvoir résister la nuit à des températures allant jusqu’à -20. Ensuite, le choix des appareils photos : privilégier les grands capteurs qui donnent de meilleurs résultats (Canon EOS 1 DX, EOS 5D, Nikon D3S, D4S), un bon trépied solide avec une attache rapide (idéalement « Right Really Stuff ») pour des images horizontales ou verticales sans bouger la tête du trépied. S’équiper également de plusieurs batteries, d’un déclencheur à distance avec intervallomètre et avoir la possibilité de consulter la météo (en.vedur.is) avec l'activité solaire et les aurores boréales qui sont indiquées de 0 à -10.

Tamron SP 15-30 mm ; 18 mm - 1/250 sec - f/11 - ISO 200 Autoportrait Islande 2016 avec Tamron SP 15-30 mm et Nikon D810 A Reykjanesta, Islande, depuis la grotte basaltique.

On imagine que vous repérez soigneusement les lieux au préalable ?

Oui le repérage des sites dans la journée est indispensable pour situer les lieux et les cadrages (faire une marque ou utiliser un GPS pour les retrouver la nuit). Il faut privilégier les paysages avec une ouverture vers le nord même si les aurores peuvent se déplacer dans toutes les directions, et de préférence des lacs ou des rivières qui peuvent donner un beau reflet en premier plan. Attention aux poteaux électriques, maisons et villages. Les villes peuvent provoquer une pollution lumineuse à des centaines de kilomètres. Avant de partir dans la nuit, il faut contrôler les batteries, vérifier que la mise au point est à l'infini et de préférence désactiver l'autofocus.

Quels objectifs utilisez-vous ?

Je travaille souvent à 3200 Asa en ouverture f/2,8, avec des objectifs grands angulaires tel que le 15 mm Zeiss, le Tamron SP 15-30 mm ou le 11-24 Canon.

Une fois positionné, comment utiliser à bien tout ce matériel ?

Une fois positionné je conseil d'utiliser un niveau (ou celui du boîtier) pour définir un horizon parfait. Si vous avez plusieurs boîtiers, installez un appareil avec un intervallomètre pour déclencher chaque seconde. Le deuxième appareil vous permettra de faire différents cadrages du paysage et du ciel autour. L'exposition varie entre 5 et 20 secondes en fonction de la neige, de l'éclairage de la lune et de la force des aurores boréales. Il faut être prudent avec les lampes, même la petite lumière rouge derrière l'appareil peut faire un halo rouge au premier plan sur la neige. Je le couvre avec du scotch noir. Dans mon livre où je note les heures de chaque image : les photos sont faites entre 9 heures du soir et 5 heures du matin.

Pourquoi avez-vous décidé de vous équiper du Tamron SP 15-30 mm ?

Une somme d'éléments ont attiré ma curiosité, sa plage focale très polyvalente et intéressante compte tenu de la promesse optique qui était faite (à la lecture des différents tests), la stabilisation qui est tout sauf inutile pour des focales grand angulaires, et évidemment la robustesse et la qualité de fabrication (tropicalisation, traitement de la lentille frontale) qui sont extrêmement rassurantes lors de prises de vues dans des conditions extrêmes. Il me tardait de le tester sur le terrain !

Oxararfoss, Islande, Tamron SP 15-30 mm ; 15 mm - 1/80 sec - f/20 - ISO 200 Je suis monté sur la cascade gelée avec les crampons sur les chaussures, impossible d'amener le trépied, penché au maximum sur la cascade, le stabilisateur était bien utile pour garder le diaphragme fermé. L'objectif garde bien les contrastes et la netteté du 1er plan à l'infini. Le 15 mm fait sont effet.

Et qu'en retirez-vous ?

D'abord optiquement : le contraste et le piqué dès f/2,8 sont parfaits et la reproduction des couleurs est excellente et bien contrastée. Ensuite, la stabilisation a joué un rôle essentiel dès 15 mm, dans ces conditions avec beaucoup de vent le boîtier peut bouger, trembler, pour prendre des photos d'aurores boréales on doit souvent aller vite mais aussi définir de long temps de pose, la stabilisation est donc très utile.

L'Islande a pourtant un climat bien particulier, l'optique n'a pas souffert ?

Après ce voyage j'ai définitivement validé la robustesse et la qualité de fabrication de cette optique. Son étanchéité s'est avérée primordiale près des cascades, de la mer, sous la pluie et la neige etc... Des conditions périlleuses mais aussi idéales pour faire les plus belles images. Dans les petits détails, j'aime aussi la bague de zoom qui est devant et qui est plus large que mes autres zooms, on peut donc plus facilement travailler avec des gants.

Tamron SP 15-30 mm ; 18 mm - 1/250 sec - f/11 - ISO 200 Il est difficile d'emporter le trépied à cause de la mer trop agitée, les roches devant étaient glissantes. Les grandes vagues peuvent vous surprendre et remplir la grotte avec vous... Le vent amène des embruns en permanence. Il faut attendre le bon moment, avoir un chiffon pour nettoyer l'objectif et repartir vite. L'étanchéité de l'objectif était bien appréciée dans ces prises de vue.

Avez-vous quelques souvenirs photographiques à partager avec nous ?

Tamron SP 15-30 mm ; 15 mm - 1/160 sec - f/13 - ISO 200

Amastadastapi Rock, au nord de l'Islande sur la Vatnsnes Peninsula. Rocher isolé que l'on atteint depuis la piste qui fait le tour de la péninsule. Avec de la neige, il est difficile d'atteindre les falaises qui tombent rapidement dans la mer. Le premier jour, je n’avais pas la bonne lumière, je remonte et je reviens le lendemain matin. Je choisis la vue en contrejour plus douce que la lumière directe. La couche de neige glacée me donne le relief qui me convient. À l'ouverture 13 j'ai assez de profondeur de champ pour la netteté du premier plan jusqu'à l'infini. L'objectif a bien géré le contrejour en gardant le contraste.

 

Blue Lagoon, Islande. Paysage spectaculaire avec la vapeur d'eau. J'ai fermé l'objectif à 20 pour avoir la netteté au premier plan. (Il est encore très bien !) L'objectif a bien géré le grand contraste et la luminosité dans le blan

Tamron SP 15-30 mm ; 19 mm - 1/1400 sec - f/20 - ISO 200

Auroré boréale, Sud Islande. Mon premier souhait était de faire une image avec la cascade de Skogafoss, mais trop de visiteurs avec leurs lampes m' empêchent de la réaliser. Alors j’ai emprunté une petite route après la cascade Seljalandsfoss F249 pour m'éloigner des habitations. Il est difficile de s'orienter dans la nuit pour trouver un endroit propice. L'objectif à 2,8 a bien enregistré les détails avec le ciel étoilé. Cette nuit il a fait -15 ° mais je n’ai eu aucun souci pour l'objectif et son bon fonctionnement.

Tamron SP 15-30 mm ; 15 mm – 8 sec - f/2,8 - ISO 3200

Seljalandsfoss, Islande. Monter sur les glaçons derrière la cascade n'était pas évident même avec les crampons, d'autant plus que le vent a fait gicler l’eau. J'apprécie beaucoup l'étanchéité de l'objectif et son capuchon facile à couvrir l'objectif. Il était important d’avoir les glaçons au premier plan bien nets à distance d’ 1 m, le diaphragme 8 était suffisant.

Pingvellir, Islande. C'est un petit lagon qui devient un important lac sur l'image, grâce au 15 mm. La lumière s'affaiblissait mais j'ai gardé 200 asa pour avoir le plus de détails possible. La vitesse de 1/100 est rassurante avec le stabilisateur. L'objectif garde bien la transparence des couleurs et le contraste du contrejour.

Tamron SP 15-30 mm ; 15 mm - 1/100 sec - f/7,1 - ISO 200

Skogafoss, Islande. Cette photo montre les conditions de travail d'un photographe paysagiste qui exige du matériel de haute qualité ; chaque image représente des efforts. Il doit attendre le bon moment, être sûr que son matériel fonctionne dans toutes les conditions et sans erreur. Les moments sont uniques, le temps est compté et les résultats doivent reproduire le paysage le plus fidèlement possible. 

Tamron SP 15-30 mm ; 16 mm - 1/500 sec - f/10 - ISO 200

À propos de l’auteur : Frantisek Zvardon

Photographe d’origine tchèque installé à Strasbourg depuis plus de 30 ans. Après la Grande École de photographie et de philosophie à Brno et Prague, il consacre sa vie à l’art de la photographie. Grand voyageur, reporter et illustrateur, il travaille avec de nombreux magazines et éditeurs du monde entier.
Pour ses images, il obtient plusieurs prix internationaux suivis d’expositions : le prix Unesco FIAP « A Better way to live » à Vancouver en 1976, le prix Agfa-Gevaert à Leverkusen en 1983, le prix Nikon Photo Contest international en 1983 à Tokyo, le prix Olympus à Tokyo en 1990, le prix PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) à New-York en 1996. Il a illustré plus d’une trentaine de livres dont les derniers : « Bâtisseurs de Cathédrale » en 2014, « L’excellence en Alsace » en 2014. Depuis 2015 il lance son projet « Arctic Way » qui va s'étendre sur 3 ans et donnera lieu à une série de publications dédiées à l'Océan Arctique.

Un peu plus sur l’auteur :

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