« La lumière est là pour sublimer les lignes géométriques »

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Tamron France vous présente le travail du photographe Loïc Vendrame. Spécialisé dans la photographie d’architecture, cette rencontre est l’occasion de parler de lignes géométriques et grand angle. En effet il témoigne sur son expérience de la prise de vue avec le Tamron SP AF 10 24mm f/3.5-4.5 Di II.

Loïc, selon vous, c’est quoi une belle photo d’architecture ?

Une « belle » photo d’architecture est, selon moi, une photo qui arrive à rendre « vivant » l’architecture, ne laissant pas indifférente et poussant au questionnement. Et c’est un sacré challenge, car on travaille avec de la matière figée, parfois un peu dure.

Cela peut passer par la mise en évidence d’un détail, par la recherche d’un point du vue ou d’un cadrage qui fait perdre les repères habituels. L’architecture contemporaine permet de jouer avec des formes et des lignes qui peuvent montrer tout autre chose que la nature initiale du bâtiment photographié, de pousser au rêve et à l’imagination. Je pense qu’une photo est « réussie » lorsque les gens s’arrêtent devant et s’interrogent de la manière dont elle a été prise et ce que c’est « en vrai ».

Tamron SP 10-24 mm + Canon EOS 450D ; 10 mm - 1/25 sec - f/5,6 - ISO 200

Qu’est-ce qui est le plus important dans cette discipline les lignes géométriques ou la lumière ? Quelles sont les conditions de prise de vue que vous affectionnez ?

Les deux. La lumière est là pour sublimer les lignes géométriques. Et les lignes géométriques sont là pour donner de la dynamique à la photo. Les lignes géométriques sont, en tout cas pour moi, indispensables pour donner une vraie identité à la photo, et font partie intégrante de mon travail.
Une bonne photo d’architecture est celle qui arrive à conjuguer ces deux éléments. Selon la temporalité, la lumière donne des aspects différents aux bâtiments, et permet de souligner certains détails, d’accentuer des ombres avec lesquelles on peut jouer. Une lumière de côté peut par contre donner un rendu inégal de la façade. La lumière est un facteur clé à prendre en compte : il faut connaitre l’exposition du bâtiment et choisir la meilleure heure pour le photographier selon le rendu voulu.
Je photographie principalement sous beau temps, avec un ciel bien bleu. J’aime aussi jouer avec les nuages quand j’arrive à en isoler un et le mettre dans ma composition.

Tamron SP 10-24 mm + Canon EOS 450D ; 10 mm - 1/200 sec - f/8 - ISO 200

En découvrant votre photothèque, on remarque que la couleur est omniprésente dans votre photographie. Quel rôle joue t-elle dans votre photographie ?

Lorsque j’ai commencé à affiner mon style photographique fin 2012, je ne donnais pas autant d’importance à la couleur dans mes photos. Aujourd’hui c’est le contraire, je suis dans une recherche quasi « obstinée » de couleurs lorsque je photographie.
Je trouve que la couleur sublime encore plus le graphisme, et donne une véritable « vie » à la photo. Ma série « Graphichromes », mêlant le graphisme de l’architecture et une couleur dominante par photo, est aujourd’hui une série centrale de mon travail et sera exposée au Salon Mont d’Or Photos à côté de Lyon les 5 et 6 mars 2016.

Quels sont les critères de choix prioritaires pour un photographe d’architecture quand il s’équipe d’objectifs ?

Ce fut une de mes problématiques à mes débuts. J’ai analysé la plage focale que j’utilisais le plus et j’ai opté pour le zoom le plus adapté à cela. J’ai aujourd’hui un Canon 18-135mm et un Tamron SP AF 10-24 mm f/3.5-4.5 Di II qui couvrent parfaitement mes besoins. Je n’ai pas réellement besoin de materiel haut de gamme, notamment des objectifs très lumineux, car 90% de mes photos sont en extérieurs et avec une bonne luminosité. Un zoom m’est indispensable car il permet de compenser l’un des principaux obstacles pour le photographe d’architecture : la contrainte urbaine. Parfois le recul est très faible, et à d’autres moments il n’est pas possible d’être proche de son sujet.

Pourquoi avoir choisi ce Tamron SP AF 10-24mm f/3.5-4.5 Di II ?

Lorsque j’ai eu le besoin d’acquérir un ultra grand-angle, j’ai regardé plusieurs tests et le Tamron SP AF 10-24 mm f/3.5-4.5 Di II est apparu comme étant un excellent rapport qualité-prix. Sa plage de focale polyvalente m’a plu.

Suite à l’évolution technique des boîtiers (définition, hauts Iso, etc) le couple que forme l’objectif avec son appareil est fondamental et ouvre des perspectives nouvelles en matière de prise de vue. Quels sont les réglages boîtiers que vous privilégiez en général avec cet objectif ?

Avec cet objectif, je conserve le mode manuel, et je travaille toujours à F/7.1 ou 8, pour avoir un bon piqué et des images riches en détails. J’évite de monter trop dans les ISO (400-500 max), même si mon boitier (70D) les gèrent plutôt bien. Sauf en intérieur où je pousse un peu plus les ISO, ce qui demande par la suite de faire un peu plus attention au post-traitement.

Tamron SP 10-24 mm + Canon EOS 450D ; 14 mm - 1/30 sec - f/7,1 - ISO 1000

À cet effet comment jugez-vous le piqué de ce zoom et la qualité optique générale de ce matériel ?

Le piqué général est plutôt correct, surtout à F/7.1 F/8, mais cela manque un peu de piqué sur les bords. C’est un bon ultra grand-angle, compact et solide.

Par exemple la distorsion est-elle rédhibitoire quand on photographie des bâtiments ou des monuments ?

La distorsion est quelque chose que l’on apprend à gérer et à appréhender avec le temps. Pour certains photographes d’architecture, la distorsion n’est pas rédhibitoire car ils s’en servent comme élément fort de leurs compositions. C’est assumé et on le comprend directement en regardant la photo. Personnellement je n’aime pas la distorsion, et cela nécessite de prendre des précautions à la prise de vue, notamment avec un grand angle. Il faut anticiper le rendu final et prendre en compte le post-traitement de la distorsion pour ne pas perdre la dynamique de sa photo.

Le fait de bénéficier d’un ultra grand-angle est-il important pour le photographe que vous êtes ? Est-ce primordial en photographie d’architecture ?

Pour moi l’ultra grand-angle est un complément, très utile, qui me permet d’élargir mon champ de vision quand je suis limité par mon 18-135mm. Il offre de nouvelles perspectives que l’on ne détecte pas forcement immédiatement. Il est notamment indispensable pour les photographies d’escaliers, afin d’accentuer l’effet vertigineux.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Je travaille actuellement sur plusieurs projets d’expositions, dont une intitulée « Archigraphisme métropolitain, les nouveaux visages architecturaux de la Métropole de Lyon » qui aura lieux à la Bibliothèque municipale de Lyon La Part Dieu du 23 février au 30 avril 2016. 60 de mes photos seront exposées.
Une autre exposition est en cours de montage dans une galerie parisienne pour janvier 2016. Vous pouvez suivre toutes ces informations sur ma page facebook et mon site. Je viens aussi d’éditer un livre d’une soixantaine de photos en vente sur Pixalib : www.pixalib.com/fr/loic-vendrame/visions-architecturales

Tamron SP 10-24 mm + Canon EOS 450D ; 11 mm - 1/25 sec - f/7,1 - ISO 800

À propos de l’auteur : Loïc Vendrame

Jeune photographe amateur de 26 ans, géographe-aménageur de formation, sa passion pour l’architecture est arrivée conjointement avec celle de la photographie il y a 6 ans. Globe-trotteur, il aime explorer les grandes métropoles du monde à la recherche de sujets architecturaux, avec comme objectif de capter leurs graphismes, leurs couleurs, tout en cherchant à sublimer les volumes et les perspectives.

Au travers de ses photographies, Loïc Vendrame souhaite modifier le regard du spectateur urbain sur les éléments qui l’entourent au quotidien. En jouant avec le travail des architectes, en exploitant des détails ou en cherchant des angles originaux pour « déconstruire » les bâtiments, il essaie de mettre en scène l’architecture, de lui donner vie et de faire passer un message, une émotion. Son travail a été récompensé sur plusieurs concours en lien avec l’architecture depuis 2014, et certaines photographies ont été publiées dans des magazines papiers et en lignes français et internationaux.

Un peu plus sur l’auteur :

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