« Le but est de capturer un trésor, un instant volé. »

Partager cet article

« Le but est de capturer un trésor, un instant volé. »

Bonjour Kiatt qui êtes- vous ? Racontez-nous votre parcours ?

Bonjour je suis Kiatt Limmany, 30ans, Directeur Artistique et depuis plusieurs années, passionné de photographie que j’exerce en freelance. La photographie est un des derniers univers artistiques dans lesquels je me plais à m’aventurer. Venant de l’illustration, j’ai rapidement évolué vers le graphisme et la composition digitale. La photographie est apparue assez tardivement comme une suite logique à mes recherches visuelles. J’ai découvert la photo après avoir fait face à une certaine lassitude professionnelle, ce qui m’a poussé à tenter de nouvelles expériences. Depuis ce jour, je me plais à capturer ce qui m’entoure avec tout ce qui me tombe sous la main.

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 70 mm
1/250 ; F/2.8 ; 3200 ISO

Sur votre site vous citez une phrase de Pierre Movila qui affirme « pho-tographier c’est tendre un piège ». Faut-il être retors pour être photographe ?

Oui je le pense. Pour moi la photographie s’apparente plus à un jeu ou le photographe doit faire preuve de ruse pour dompter son sujet. Lorsque vous pénétrez dans l’aire de jeu avec votre appareil, vous devez vous fondre dans le moment, en essayant de le vivre, de le sentir et de le comprendre. Lorsque vous êtes enfin à l’aise avec ce dernier, la partie peut enfin commencer. Le but est de capturer un trésor, un instant volé, sans l’abimer ni l’altérer. Il existe pour moi deux types de situations, celle où vous êtes actif, où vous bougez, scrutez, à la recherche de l’instant T et celle où tel un chasseur vous savez que quelque chose d’incroyable va se produire ; vous attendez donc patiemment et fébrilement le moment pour appuyer sur le déclencheur en sachant pertinemment que vous n’avez pas le droit à l’erreur. Si le bon dosage entre la malice, la chance, la sensibilité artistique et la technique est trouvé, le piège sera prêt à capturer les plus belles images. Il n’y a rien de plus jouissif que de découvrir ses prises lors du “développement” une fois rentré chez soi, parfois parmi tout les instants figés se cache une perle rare. Après comme dans tout jeu, il faut parfois accepter de perdre et rentrer bredouille.

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 27 mm
1/800 ; F/3.2 ; 125 ISO

En découvrant votre site on peut admirer de nombreuses séries sur des battles ces rencontres qui voient des équipes de danseurs concourir lors de chorégraphies endiablées. Vous pouvez nous en dire plus sur ce travail singulier ?

Pour moi les battles de HIP HOP sont des terrains d’expression incroyables pour les photographes. L’ambiance y est lourde comme dans une arène et l’action y est omniprésente. Donc pas le temps de s’y ennuyer. On y rencontre d’incroyables scènes de partage et d’échange entre les membres d’un même CREW, ou des scènes de confrontations fraternelles entre deux équipes qui s’opposent. Paradoxalement, le temps semble se figer lorsque les joutes commencent. Les danseurs sont dès lors enfermés dans une bulle de passion et de rage artistique qu’ils expriment grâce à leurs pas et leurs mouvements. Le seul objectif pour eux, en découdre en dominant son adversaire par le style et la performance. Pour le photographe, c’est un défi excitant de tenter de retranscrire au mieux la beauté de leur affrontement. 

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 51 mm
1/320 ; F/2.8 ; 3200 ISO

Ces shows se déroulent dans des conditions de lumière très hétéroclites. Quelles sont les contraintes techniques que vous rencontrez lors de ces prises de vue ?

Les contraintes que l’on rencontre souvent dans ce genre de compétition sont le manque de lumière et l’éclairage très changeant. Il faut savoir s’adapter rapidement et être capable de lire les mouvements pour capturer les poses clés. Au-delà des images de performances, il est aussi important de capturer des images « d’ambiance » qui permettent de contextualiser vos prises de vue; afin de faire ressentir à la personne qui regarde vos photos, la ferveur du moment.

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 36 mm
1/800 ; F/2.8 ; 2500 ISO

Avez-vous un ou deux conseils à partager avec nos amis tamronistes pour photographier ce type de sujets ?

Toujours photographier en manuel est pour moi primordial, ça peut pa-raitre bête mais pour moi utiliser le mode M vous apprend à connaître et dompter votre appareil. Les modes assistés, vous mettent dans une position plus passive et vous rend victime de votre outil. Je pense que les gens équipés de reflex (ou d’appareil de capture proposant un mode M), doivent se rendre compte qu’ils ont la chance d’avoir un instrument qui leur permet de modeler la lumière à leur guise donc autant en profiter. Pour les photos de danse, il faut savoir observer et apprendre à lire le mouvement des danseurs afin de capturer l’instant où il est le plus ample ou le plus marqué. Après, les automatismes arriveront avec l’habitude.

Je suis admiratif quand je pense aux photographes des dernières décennies qui capturaient des moments incroyables sans la facilité que nous offre les appareils modernes.

C’est aussi ce côté rigoureux et technique qui me plait dans la photographie.

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 47 mm
1/800 ; F/2.8 ; 2500 ISO

Le choix du matériel et des optiques est donc prépondérant. Quels sont vos critères ?

Pour ce genre de photo, une optique à grande ouverture vous offrira un avantage certain, si elle est stabilisée c’est encore mieux. Concernant la distance de focale, un transtandard type 24-70 est parfait.

Le Tamron SP 24-70mm F/2.8 Di VC USD occupe une place de choix dans votre équipement. Quelles sont les raisons qui ont dictées ce choix ?

Comme évoqué dans la réponse précédente, après lecture de plusieurs tests, le Tamron SP 24-70mm F/2.8 Di VC USD c’est révélé être une évidence et pas seulement pour la photographie de danse. Il m’accompagne partout, en photographie de rue, en voyage, et en reportage. En effet la plage qu’il offre correspond à la quasi-totalité de mes besoins. S’ajoutent à cela, sa grande ouverture à F/2.8, qui peut rendre des services en basse luminosité, sa stabilisation optique et son autofocus rapide et silencieux. En résumé, une optique polyvalente de grande qualité.

La stabilisation VC est-elle précieuse à l’usage ?

Oui très précieuse, elle me permet lorsque les conditions lumineuses ne sont pas favorables, de grappiller un peu en vitesse pour mieux figer les mouvements. J’aime beaucoup avoir des poses figées et nettes et donner un aspect presque sculptural à mes sujets en mouvement.

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 24 mm
1/500 ; F/2.8 ; 3200 ISO

Pouvez-vous nous commenter une image réalisée avec cet objectif ?

Oui, c’est une image réalisée lors du CHELLES BATTLE PRO 2015. Ce type de cliché illustre avec à propos les difficultés inhérentes à la photographie sportive, et en particulier le haut niveau de complexité rencontré par un photographe lors de ces joutes chorégraphiques. Il s’agit de fixer un mouvement extrêmement rapide alors que les conditions lumineuses (faible intensité, sources dis-parates, etc) ne sont pas optimales pour figer l’action. Il est donc primordial de posséder un objectif très polyvalent et très performant pour pouvoir s'adapter rapidement aux figures radicales et soudaines du danseur.
Le SP 24-70mm F/2.8 de TAMRON est précieux en de telles circonstances. Sa plage focale est idéale pour profiter de la grande proximité dont nous disposons avec les danseurs. Associé à son AF précis il me permet de m’adapter et d’anticiper les chorégraphies très rythmées qui existent lors des battles de hip hop, afin de figer l'instant à son zénith. Je peux aisément isoler un danseur en plan serré ou bien privilégier une vue d'ensemble de la scène si l’ambiance le justifie. La danse Hip Hop s’assimile à un combat où l'ambiance et les provoca-tions entre les protagonistes sont presque aussi importantes que l'action en elle même. En cela la souplesse du zoom et son ouverture constante à f/2.8 autorisent une multitude de variations pour réaliser des images très figuratives et dynamiques.
En conclusion, j'ai donc besoin d'une optique lumineuse avec un AF performant et rapide qui me permet de déclencher à très haute vitesse pour réussir une image parfaitement figée. Le fait de bénéficier de la stabilisation est également un critère important pour obtenir les vitesses élevées dont j‘ai besoin.

Cette photo est un parfait exemple. Lorsque l'on jette un coup d’œil aux EXIF (24mm - 1/1600 - F2.8 - iso1000) on se rend compte des qualités de ce 24-70mm, surtout en condition difficiles de prise de vue.
J’ai pu réaliser une image à très haute vitesse, assez lumineuse, sans m'obliger à monter trop haut en ISO grâce à la stabilisation.

Tamron SP 24-70mm + Canon EOS 5D Mark II
Focale : 24 mm
1/1600 ; F/2.8 ; 1000 ISO

Article similaire