Myriam Dupouy, une photographe Tamron

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Myriam Dupouy, une photographe Tamron

Myriam Dupouy, professeure d’Anglais le jour, photographe de nature la nuit, s’est confiée à l’équipe Tamron France pour évoquer son rapport à la photographie et ses techniques de prises de vues. Il en ressort une conversation passionnante qui va au-delà du cadre technique et nous montre comment deux optiques Tamron très différentes (le SP 90mm MACRO F/2.8 et le Tamron 16-300mm pour capteurs APS-C), l’aident à traduire ses émotions.

Myriam, pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre parcours ?

« En quelques mots »… Quel exercice difficile…
J’ai toujours été attirée par la photo et l’art en général. Professionnellement, après avoir longuement hésité entre l’art et l’enseignement, c’est l’enseignement que j’ai choisi, mais la photo tient une place de plus en plus importante dans ma vie.
Petite, je passais des heures à dessiner et j’avais l’autorisation d’emprunter le vieil argentique des mes parents lorsque je partais en vacances : ma cerise sur le gâteau !
Ma toute première paye m’a permis d’acheter mon premier appareil numérique (un dinosaure que je conserve précieusement…), puis j’ai passé de longues années avec mon bon vieux bridge, j’économisais pour financer le matériel dont je dispose aujourd’hui.
Ces années de frustration m’ont permis, je l’espère, d’acquérir de bonnes habitudes et de pousser mon matériel dans ses retranchements. Le matériel ne fait certes pas tout mais force est de constater que sans, on ne peut pas non plus s’exprimer pleinement… Avec l’acquisition de mon boîtier et dans la foulée du Tamron SP 90mm f/2.8 dont je rêvais, voilà un an et demi maintenant que je peux donner libre cours à mes envies et c’est pour moi un véritable bonheur !

I’m just holding on for tonight…
(Agrion – Tamron SP 90mm F/2.8 MACRO 1:1)

Comment construisez-vous vos images ? Est-ce que vous visez d’emblée un message signifiant ou vous laissez vous porter par ce que vous offrira la nature lors de vos sorties ?

Cela dépend… Le plus souvent je pars en billebaude et je me laisse guider par mes rencontres, les couleurs et mon humeur du moment, mais dès que j’ai une idée très précise de ce que je souhaite faire, je m’acharne jusqu’à ce que j’obtienne ce que j’ai en tête.

J’observe, je tourne autour de mon sujet, je parfais ma composition, mon cadrage, j’attends la lumière qui me convient… C’est la croix et la bannière de partir en promenade avec moi : si par malheur je m’arrête, je peux rester une heure à tourner autour d’une fleur ou d’une petite mousse pour parfaire mon idée… En macro, lorsque je montre mes fichiers à ma famille ou mes amis, on me dit souvent que j’ai la même photo en 10 exemplaires tellement les ajustements peuvent paraître imperceptibles. Mais pour moi, ils ont une importance capitale car ce sont ces petits détails qui vont faire que d’un coup, je vais savoir que j’ai « attrapé » ce dont j’avais envie.

En ce moment, j’ai une petite obsession : les chouettes. Alors je passe tout mon temps libre ou presque en repérage. C’est mon oiseau préféré et je ne l’ai encore jamais photographié : il va falloir y remédier même si, pour ce projet, la petite marge de manœuvre dont je dispose en ce qui concerne la montée en ISO de mon boîtier m’inquiète un peu… Mais je compte sur mon SP 90mm f/2 .8 pour contrebalancer ce handicap : lumineux et stabilisé (je travaille à main levée la plupart du temps), il vient très souvent à ma rescousse en condition de faible luminosité.

L’ange noir
(« Acharnement » : j’avais repéré cet arbre que je trouvais graphiquement très beau. Une mésange venait de temps en temps s’y poser et en picorer les branches. J’ai attendu deux grosses heures que le bon moment se présente pour faire cette photo – Tamron 16-300mm)

Vos photographies portent une signature colorimétrique singulière : est-ce le fruit d’un traitement post photographique étudié et précis ou d’une sensibilité plus intuitive et plus spontanée ?

J’aime à la fois les tons pastels et les images beaucoup plus contrastées et sombres et c’est évidemment les atmosphères que je recherche. Je suis très intuitive et sensible, trop parfois… On peut dire que mes photos me ressemblent…
Le Tamron SP 90mm MACRO me permet de jouer sur ces deux plans, il est formidable pour cela. Il permet d’apporter beaucoup de douceur aux images, de par sa grande ouverture, certes, mais également grâce à son rendu très particulier.
C’est un objectif dont je ne pourrais plus me passer. Plus récemment, je l’ai utilisé comme un petit téléobjectif (monté sur mon D90, c’est l’équivalent d’un 135mm) : je me régale avec pour photographier les passereaux de mon jardin. Cela implique, par contre, beaucoup de patience, une bonne connaissance de l’animal et un excellent camouflage…
J’utilise un logiciel de post-traitement classique pour mes photos. La plupart du temps ce sont des traitements relativement simples et basiques. Cependant, je ne m’interdis pas non plus, parfois, de jouer de façon un peu plus marquée avec les curseurs si cela me permet de finaliser ma vision d’une image ou ce que je souhaite qu’elle traduise.
Après tout, lorsqu’on travaille en RAW, on peut difficilement se passer d’un traitement. Par contre, je ne retouche pas mes photos, et ce, principalement parce que j’en suis incapable. J’ai toujours un petit pincement au cœur quand, en exposition, j’entends certaines personnes dire que mes photos sont « retouchées » alors que le traitement est vraiment léger, mais lorsqu’on travaille en MACRO avec une faible profondeur de champ ou en double expo/surimpression, il est évident que l’on propose une vision des choses très différente de ce que l’œil a l’habitude de voir. Rien d’étonnant à ce que cela donne lieu à ce genre de « réflexion ». Au final, je me retrouve souvent à faire un cours sur la profondeur de champ… Quoi qu’il en soit, l’important, pour moi, c’est ce que dégage une image, un dessin, une peinture ; les sentiments qu’elle fait naître. Je n’ai pas l’habitude de décortiquer le travail des autres : ce qui me touche, c’est ce qu’ils me montrent et l’histoire que me raconte l’image…

Rêveries
(surimpression – Tamron SP 90mm MACRO)

Vous maîtrisez particulièrement la prise de vue en contre-jour ou en surimpression. De nombreux clichés ont été réalisés à partir de ces deux techniques. Pourquoi ?

Tout simplement parce que ce sont mes deux techniques préférées… Avec le D90, en surimpression, je dispose de 30 secondes uniquement entre mes deux (ou trois) photos. Une fois la surimpression faite, je n’ai accès qu’à un seul RAW. Autant vous dire que lorsque je travaille en surimpression, je sais où je vais (je me fais régulièrement des petits croquis). Le jour où je vais pouvoir faire l’acquisition d’un boîtier plus performant, les ailes vont me pousser… A priori, il est possible de revenir sur une photo bien plus tard pour la travailler en surimpression, sans pour autant en perdre le RAW d’origine. Pour moi, cela veut dire pouvoir travailler en surimpression en animalier, ce qui m’est plus difficile à l’heure actuelle. La surimpression me permet des fantaisies artistiques et puis cela me rappelle les photos « loupées » du vieil argentique qui déclenchaient fous rires, étonnements ou ravissements… J’aime aussi énormément jouer avec la lumière, les flares ou travailler en contre-jour : cela me permet de dessiner les silhouettes et d’apporter un certain graphisme à mes photos. Ma prochaine exposition « Telle la chouette de Minerve » fait la part belle à cette technique…

Symbole
(Surimpression, Tamron SP 90mm MACRO + Nikon D90)

Parlons un peu technique. Vous utilisez un reflex (Nikon D90) et un de vos objectifs de prédilection est le Tamron SP 90mm F/2.8 Di VC USD MACRO 1:1 : pourquoi ?

J’en suis tombée amoureuse… Lorsqu’il a fallu choisir de quel objectif MACRO m’équiper, je me suis énormément renseignée, j’ai regardé beaucoup de photos et le Tamron SP 90mm F/2.8 s’est très vite imposé comme l’objectif qui me conviendrait le mieux. De plus, son prix est franchement raisonnable. La prise en main est très confortable : j’apprécie tout particulièrement sa large bague de mise au point car je me retrouve parfois dans des positions un peu délicates avec un accès limité à l’objectif, cette bague est donc un atout non négligeable. Son piqué est excellent, il est léger, je n’ai honnêtement rien à lui reprocher. Le SP 90mm a un rendu bien particulier reconnaissable assez facilement, qui fait qu’il serait difficile pour moi de m’en séparer. Et puis, il n’est pas exclusivement réservé à la MACRO…

L’ombre de mes années…
(Surimpression – Tamron SP 90mm MACRO + Nikon D90)

Cet objectif appartient à la catégorie très spécifique des objectifs macrophotographiques ; un genre qui tient une place de choix dans votre photothèque. Que vous permet-il d’exprimer ?

Et bien, je pense qu’en MACRO, il est plus facile de laisser libre cours à sa créativité et ses idées farfelues. On peut travailler des sujets relativement calmes et immobiles et donc se concentrer sur leur environnement afin de les mettre en valeur ou bien au contraire s’emparer d’un instant éphémère ou s’inventer une histoire en partant de trois fois rien… Observer et analyser un biotope permet de s’en servir efficacement dans la composition des images.
La macro permet de suggérer, de voiler les images d’un brin de mystère, de faire appel à l’imagination, de sublimer la beauté graphique, voire abstraite de la nature, de faire naître des émotions et d’inviter à la rêverie…

Thomise à la mer
(Tamron SP 90mm MACRO + Nikon D90)

Distance de mise au point minimale réduite, grande ouverture (F/2.8), rapport de grossissement élevé (1 :1), stabilisation, ces paramètres ont une incidence majeure sur la prise de vue. Quel est celui qui dicte votre pratique au quotidien ?

Je travaille très souvent à grande ouverture avec mon SP 90mm MACRO la luminosité est donc un critère très important. J’’ai également eu la chance de découvrir le Tamron 16-300mm que je l’ai gagné lors d’un concours. Habituée aux focales fixes lumineuses, cet objectif offre d’autres possibilités par sa polyvalence. C’est un objectif épatant qui m’a permis de vivre de grands moments en photo animalière, dont je raffole, et qu’il m’était difficile de pratiquer jusque-là. J’arrive à travailler en proxy avec et en vacances, un 16mm, c’est un régal. Mon fils, qui est très paysage, attend avec impatience que je m’achète un autre boitier pour pouvoir récupérer mon 16-300 !

平和
(Surimpression, Tamron 16-300mm + Nikon D90)

Pouvez-vous nous révéler les coulisses d’une prise de vue en commentant un des clichés (de votre choix) ?

Bien sûr… Je vais choisir une image faite avec le SP 90mm MACRO mais qui n’est pas de la MACRO car je sais qu’elle a surpris et généré beaucoup de questions. Voici donc les dessous de « Légende d’automne » qui présente une mésange bleue en vol.
Cet automne, lorsque les mésanges ont commencé à fréquenter activement mon jardin, j’ai rempli mon coffre de feuilles et j’en ai fait deux gros tas : un pour le fond, que j’avais pris la peine d’installer là où il serait baigné par le soleil et un destiné aux mésanges. Je leur ai déposé quelques graines mais je crois que ce qui leur a le plus plu, c’était de plonger dans cet énorme tas de feuilles. Je ne les ai pas filmées (je n’ai pas du tout le réflexe de filmer), mais j’aurais vraiment du. Elles nous ont beaucoup fait rire et j’ai eu le loisir de les observer pendant de longues heures. C’est ce qui m’a permis d’anticiper leurs mouvements et d’arriver à capturer leur si gracieux ballet. Pour y arriver, j’ai utilisé mon SP 90mm car je souhaitais un fond uniforme et un premier plan vaporeux afin de mettre en valeur la mésange. Pour cela, j’avais besoin d’une toute petite profondeur de champ et comme je ne voulais/pouvais pas monter en ISO, j’ai composé du mieux que j’ai pu avec mon objectif le plus lumineux afin de pouvoir pousser ma vitesse d’obturation au maximum de ce que me permettait la lumière (une vitesse d’obturation élevée me permet de figer les mouvements…)
Pour cette photo, je suis tout simplement couchée par terre, j’ai posé le boîtier au sol et tendu un filet de camouflage entre les pieds de la balançoire de mes enfants, j’en utilise un autre pour me masquer… Quelques feuilles et branchages par-dessus… J’ai installé quelques feuilles à proximité de l’objectif pour accentuer le flou du premier plan mais j’en tiens une afin de l’orienter comme je l’entends en fonction de la lumière, quelque peu capricieuse. Les cervicales n’apprécient pas et je manipule ma bague de mise au point d’un doigt (je n’utilise que très rarement l’AF en fait), mais quel bonheur quand les mésanges arrivent. La spécificité des petites bleues (du moins des miennes) c’est d’être très hésitantes et donc sujettes à quelques aller-retours sans pour autant se poser. Ce sont des moments privilégiés pour les photographier en vol. Les charbonnières quant à elles, se jetaient littéralement dans mon tas de feuilles et la sittelle s’y fraye un chemin incognito… Ce que j’ai le plus apprécié dans ce travail d’observation c’est de me rendre compte à quel point chaque oiseau avait une personnalité bien marquée.

Légende d’automne
(Mésange bleue – Tamron SP 90mm MACRO + Nikon D90)

Il est temps de conclure cet entretien. Que pouvons-nous vous souhaitez en 2015, existe-t-il un nouveau projet que vous pourriez nous dévoiler ?

Ha oui, il y en a plein… Le Tamron 16-300mm m’a permis d’enfin me mettre à la photo animalière, une pratique qui me passionne tout autant que la macro et donc j’aimerais continuer à m’ouvrir à d’autres horizons avec cette optique et continuer mon exploration de la photo animalière.
Du 1er au 3 mai, j’exposerai mes Douceurs Naturelles aux rencontres de la photo de nature du Festival de l’Oiseau en Baie de Somme et du 25 avril au 25 mai, je serai l’invitée d’honneur du CIMAS avec « Telle la Chouette de Minerve » au château de Saran (45). Il y a d’autres projets d’exposition, des invitations. J’espère que cela se concrétisera et que mon chef d’établissement me permettra d’y participer car exposer, rencontrer les gens, discuter, sont des petits bonheurs que je savoure grandement.
Dans le meilleur des mondes, pour évoluer dans ma pratique, il faudrait que j’arrive à transformer le D90 en D810 afin de ne plus être gênée par les ISO. J’ai beau avoir un petit magicien à la maison, je crois que cette évolution va nécessiter quelques années supplémentaires… Comme j’aime également beaucoup l’écriture, j’ai peut-être un petit projet qui mêlerait écriture et photographie… Peut-être, d’ailleurs, qu’il s’agit d’un projet qui plairait aux enfants…
Sinon, vous pourriez également me souhaiter quelques semaines en Ecosse ou mon optique de voyage m’accompagnera ! En tout cas, j’espère me régaler encore bien longtemps et si, par la même occasion, je pouvais continuer à transporter les gens à bord de mon nuage j’en serais comblée !

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